Libération publiait hier un article de Dominique Simonnot, ralatant la tentative de pression du pouvoir sur la magistrature française.

C'est à propos du CNE (et des déjà nombreuses plaintes aux Prud'hommes), que le Ministère de la Justice à cru bon de "brieffer" ceux qu'il considère commes ses "ouailles" obéissantes sur les devoirs concernant ces affaires. Par une circulaire datée du 8 Mars 2006 et adressée aux procureurs généraux,  on leur explique ce que l'on attend d'eux... Les procureurs devront internenir aux audiences (prud'hommales je le rappelle) pour rappeller les termes de l'ordonnance du 2 août 2005 créant le CNE, et que les procureurs généraux devront veiller à ce que le parquet fasse appel, après analyse des décisions des Prud'hommes.

On leur demandera donc de s'allier systématiquement aux patrons sur ces dossiers là, sans état d'âme. Pour la première fois (ou presque), un garde des sceaux demande l'intervention du parquet dans des affaires prud'hommales. Pour Me Lyon-Cae, "il s'agit d'une trahison de la mission du ministère public, car il ne peut pas être partisan du point de soutenir une catégorie de citoyens contre une autre. Et il est inconcevable qu'il intervienne pour soutenir exclusivement les intérêts de l'employeur".

Le Syndicat de la Magistrature a demandé vendredi dernier le retrait immédiat de cette circulaire illégale, et a invité les magistrats du parquet à ne pas s'y plier et à exercer leurs prérogatives en toute indépendance.

Décidément, c'est un beau coup de boutoir à l'indépendance de la justice que celui-là... Nos dirigeant ne reculent décidément devant rien...

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Lu ce jour dans les dépêches AFP, l'archevêque de Paris Mgr Vingt-Trois, a appelé dimanche les jeunes en pélérinage à Chartres "à ne pas se contenter du petit bonheur d'un contrat social".


"Je ne sais pas si le CPE est le meilleur ou le pire moyen pour vous aider à entrer dans la vie active des entreprises", a dit l'archevêque. Mais il a appelé les étudiants chrétiens à dépasser le "petit bonheur mesurable par les sécurités du contrat social, (...) le bonheur d'un CDI ou d'une profession protégée" pour atteindre "le bonheur réel et profond qui donne la joie d'être au monde et de vivre".


Mgr Vingt-Trois, dans une apparente allusion à certaines dérives du mouvement étudiant contre le CPE, a par ailleurs dénoncé "l'intimidation, le vote forcé, les décisions enlevées à l'arraché, la destruction des outils intellectuels, livres et instruments de travail".

Et d'ajouter: "Quand on me dit que les A.G. sont manipulées et les décisions arrachées par des minorités d'influence, je me demande si on n'abandonne pas le terrain en laissant dépérir les organisations démocratiques".

"Tout cela a fonctionné en Europe au XXe siècle, en Allemagne et en Russie", a-t-il noté. "Notre démocratie devrait avoir honte de voir resurgir en son sein les fantômes des totalitarismes."

Alors que l'on fêtait en 2005 les 100 ans de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, je trouve que ce monsieur fait très fort. Toutes les personnes qui, comme moi sont attachées à la laïcité, se trouveront choquées de tels propos. Y'a pas à dire, la nouvelle France se profile, et elle me débecquete franchement...