29 mai 2009

Bientôt la police dans nos écoles

Bien longtemps que j'ai pas posté ici et je m'en excuse. L'actualité me fait réagir, une fois de plus. Les récents événements qui se sont déroulés dernièrement dans quelques établissements scolaires me poussent à le faire.

Doit-on transformer nos établissements scolaires en camps retranchés ? La place de la police est-elle dans nos écoles ? Certains ont parlé d'instaurer des portiques de sécurité aux entrées. C'est tellement ridicule que s'en est affligeant. Car ces portiques détectant tout ce qui est métallique, je vous laisse imaginer le cirque que ça serait, si on se donne la peine de penser à tous les objets innocents que peut contenir un cartable, et qui est métallique...

Sarkozy parlait hier de rendre systématique la fouille des élèves par la police, aux entrées des établissements, ou par le personnel de l'éducation nationale au sein de l'établissement. Là encore, c'est contestable, au vu des dérives que l'on a pu voir ces mois derniers à propos des interventions de brigade anti-drogue...

Je vais vous parler d'une époque pas si lointaine, où j'étais encore à l'école. Au collège d'abord... Aux entrées et sorties des élèves, les surveillants généraux (aujourd'hui CPE), étaient présents, veillant à ce qu'aucun intrus ne pénètre dans les lieux, ou qu'aucun gamin qui n'avait pas à sortir ne le fasse. Au lycée ensuite... Outre les surveillants, et le personnel d'encadrement, il y avait un concierge. C'était également le cas dans les grands groupes scolaires de ville. Ledit concierge connaissait chaque élève, prenait le temps d'échanger un petit mot avec beaucoup, et c'était d'autant plus aisé, qu'il n'avait pas l'étiquette de prof ou de surveillant. Pour beaucoup d'élèves, il était un peu le copain bienveillant à qui l'on pouvait dire beaucoup de choses. Les choses ont commencé à se dégrader dans les années 90. J'ai travaillé dans un lycée professionnel situé dans une cité. Lycée flambant neuf, avec une architecture originale, mais ouvert à tous vents. Aucune clôture d'enceinte, aucune porte. Je vous laisse aisément imaginer les problèmes d'intrusions en tout genre que cela permettait. Malgré tout, s'il n'y avait pas de concierge (hé oui, ça n'existait déjà plus), il y avait encore des surveillants en nombre suffisant (mais cependant dérisoire, au vu de l'ouverture de l'établissement sur le quartier).

Depuis cette époque, qu'a-t-on fait ? Rien, ou plutôt si... Chaque année, on a supprimé des postes dans l'Education Nationale. Des postes d'enseignants, mais pas seulement... Et c'est à mon sens là une partie du problème devant lequel nous sommes actuellement. Et je pense sincèrement que la solution est plus dans le fait de recréer du lien social que d'instaurer un système répressif. Non pas qu'il ne faille pas sanctionner les actes graves quand ils se produisent, loin de là. Mais que les gamins se sentent entourés de façon bienveillante, et ce dès le plus jeune âge. Qu'ils aient quelqu'un à qui parler sans être jugés... D'ailleurs, en ce qui concerne ce dernier point, il est une chose dont on ne parle que très peu, c'est la quasi disparition des infirmières scolaires. L'infirmière était l'interlocuteur privilégié des jeunes des collèges et lycées. Celle à qui l'on pouvait faire part d'un problème de contraception, mais aussi d'abus ou violences subies, des peines de coeur, des doutes... Elle était toujours là pour écouter, rassurer, conseiller... Aujourd'hui, heureux sont les établissements qui ont encore une infirmière un ou deux jours par semaine ! Je connais un grand lycée, qui malgré la présence en son sein d'un internat, n'a aucune infirmière à disposition. Pour le moindre bobo, il faut aller chercher nos gamins, ou alors on les envoie aux urgences de l'hôpital.

A force de vouloir faire des économies de bout de chandelle, on déshumanise totalement nos écoles, et on en paie aujourd'hui le prix. Certes, je ne suis pas énarque, mais tout simplement une mère de famille pleine de bon sens. Au lieu de criminaliser, au lieu de foncer dans le tout répressif, remettons simplement l'être humain au centre du problème, prenons le temps d'instaurer le dialogue, d'être à l'écoute... Et cela paiera. Oh, pas à court terme, bien évidemment. Il faudra du temps pour renouer les fils rompus. Mais c'est à mon sens la seule voie possible. Les enfants d'aujourd'hui ne sont pas des monstres, comme on pourrait le croire en regardant le JT.

Posté par Isabelle Loredan à 09:16 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Bientôt la police dans nos écoles

    La police et la justice sont déjà impliquées dans la surveillance des enfants :
    En 2004, le Ministère de l’Education nationale a déclaré à la CNIL la mise en œuvre d’un fichier informatique, dénommée "Base élèves 1er degré". Ce système concerne tous les élèves des écoles maternelles et élémentaires, privées et publiques, y compris ceux recevant une instruction dispensée en dehors de l’école. Officiellement il est utilisé pour gérer administrativement les élèves et a été généralisé en 2007.
    la loi de “prévention de la délinquance” (LPD) va rendre ce fichier encore plus insidieux, affirmant que « Les écoles, les collèges, les lycées et les établissements d’enseignement supérieur (...) participent à la prévention de la délinquance” ». Les enseignants, les directeurs des Écoles, les éducateurs, assistantes sociales, médecins, polices, pompiers, etc ... sont dans l'obligation de signaler à la "commission de prévention" tout les actes susceptibles d'être interprétés comme les prémisses d'un comportement à risque.
    Les coordinateurs de ces commissions sont les Maires qui décident en regard des signalements la pénalisation des actes.
    Voir le texte
    http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=8520

    Posté par jac-zap, 13 juin 2009 à 19:44 | | Répondre
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